Jean-Baptiste de La Quintinie
Qui aurait crû que le barreau mènerait La Quintinie jusqu’à Versailles ?
Quoi qu’on puisse en croire en effet, la vocation de ce célèbre jardinier du XVIIe siècle lui est venue tardivement. Il faut savoir que le jeune Jean-Baptiste se destinait en fait au métier d’avocat. C’est d’ailleurs à Paris qu’il est reçu comme avocat au Parlement, après ses études poitevines.
C’est alors qu’il accompagne en Italie le fils du président de la Cour des Comptes Tambonneau, dont il est devenu le précepteur, qu’il est charmé par l’art des jardins. A son retour, il renonce à sa carrière d’avocat et grâce à l’aide de Tambonneau qui lui confie les bons soins des jardins de son hôtel particulier de Paris, il peut enfin donner libre cours à ses créativités végétales.
Il ne manque pas de se rendre comme d’autres jardiniers en Angleterre, où Jacques II, alors roi, lui proposera de s’installer. Mais le cœur de La Quintinie est définitivement français et c’est dans le décor démesuré de Vaux-le-Vicomte qu’il pourra, aux côtés des non moins célèbres Le Nôtre, Le Brun et Le Vau, créer de nouvelles variétés.
Fouquet, déchu pour avoir déplu au roi Louis XIV, La Quintinie se retrouve à Versailles où il est d’abord chargé de gérer le potager. Sa renommée grandit et les grands noms de l’époque font appel à son talent, les jardins du Prince de Condé, de Mademoiselle de Montpensier ou encore ceux de Colbert, connaîtront eux aussi les faveurs du fameux jardinier.
Louis XIV crée pour lui la charge de directeur des jardins fruitiers et potagers de toutes les maisons royales. Encore aujourd’hui, on peut cueillir le fruit des enseignements de La Quintinie, au potager du Roi de Versailles. Précurseur de la culture « primeur », novateur dans l’art du forçage des fruits et légumes, il développe la culture sous châssis ou encore celle en espalier. C’est grâce à ses expériences que le Roi Soleil peut se targuer d’offrir à sa table toutes sortes de fruits en diverses saisons.
Il ne manquera pas de nous léguer le recueil de ses recherches, réflexions et découvertes édité à titre posthume en 1690, Instructions pour les jardins fruitiers et potagers.
Et l’on se plaît à imaginer La Quintinie, trois siècles auparavant, penché sur son ouvrage, lorsque l’on parcoure sur le site de la bibliothèque nationale de France les pages qu’il rédigeait alors.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k619796.image.r=la+quintinie.f2.tableDesMatieres.langFR
Publié par Isabelle DEFAY
